mercredi 20 août 2025

Mukenge/Schellhammer, entre mémoire coloniale et réinvention plastique : une performance puissante à Ravensburg

 

Ravensburg, Allemagne 15 août 2025


Le Musée d’art de Ravensburg a accueilli une performance-conférence marquante du duo Mukenge/Schellhammer, intitulée « Stretching the Notion of Painting », dans le cadre de leur série éponyme. Cette intervention s’est tenue en résonance avec les expositions en cours « Under Pressure – Expressionist Prints » et « John Akomfrah – The Unfinished Conversation »,  confirmant la pertinence de leur démarche artistique dans le débat sur l’héritage colonial dans l’histoire de l’art.




Formé officiellement en 2024, le duo congolais-allemand développe une esthétique transnationale nourrie de recherches sur leurs ancêtres, les rites d’initiation et les conflits culturels engendrés par la colonisation. À travers une approche critique, Mukenge/Schellhammer questionnent la rencontre souvent brutale entre les avant-gardes européennes (notamment les expressionnistes allemands) et les arts des colonies.


Leur performance évoque les “emprunts” réalisés par des figures comme Nolde, Kirchner ou Gauguin, confrontées à l’art d’Afrique et du Pacifique dans les musées ethnographiques, les zoos humains ou les expositions coloniales. Le duo interroge la frontière floue entre admiration et appropriation, en soulignant le rôle des artistes colonisés relégués au rang d’anonymes ou d’objets d’étude.


Un parallèle est tracé avec l’histoire d’Albert et Antoinette Lubaki, pionniers de la peinture moderne congolaise, dont les œuvres furent exportées vers l’Europe grâce à l’intervention de l’administrateur colonial Georges Thiry. En rejouant ces tensions historiques, Mukenge/Schellhammer revisitent les fondements mêmes de leur langage pictural.


Avec subtilité et puissance, leur œuvre redonne voix aux oubliés, déplace les centres, et installe une mémoire décoloniale dans l’espace muséal européen.


Darwin Mumete 

dimanche 3 août 2025

André Wameso, nouveau visage de la Banque Centrale du Congo : un choix stratégique pour une nouvelle ère économique



La République Démocratique du Congo s’ouvre à une nouvelle page dans sa gouvernance économique. Par ordonnance présidentielle du 23 juillet 2025, le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a désigné André Wameso NKUALOLOKI comme nouveau Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC). Ce choix, salué par de nombreux observateurs, s’inscrit dans une volonté claire : stabiliser l’économie nationale et renforcer la crédibilité de l’institution monétaire.


Un profil solide, entre expertise bancaire et engagement politique


Titulaire d’un diplôme en ingénierie commerciale et gestion financière de l’Université catholique de Louvain (Belgique), André Wameso a fait ses preuves dans le secteur bancaire européen (Dexia, Fortis), avant de revenir en RDC, notamment à Rawbank, où il a dirigé le département de gestion des risques. Homme de dossiers, il a aussi marqué le monde politique : ambassadeur itinérant du président Tshisekedi, puis directeur de cabinet adjoint en charge des questions économiques et financières dès 2021.




Un acteur clé de la diplomatie économique congolaise


André Wameso a été un artisan majeur de plusieurs négociations internationales, dont l’accord de paix RDC–Rwanda du 26 juin 2025 à Washington, qui associe coopération sécuritaire et intégration économique régionale. Il a également pris part aux discussions avec le FMI, à la révision des contrats miniers et à la promotion de la transparence dans la gestion des ressources naturelles.


Un engagement constant pour l’intérêt national


En 2023 et 2024, il représente la RDC à plusieurs forums économiques internationaux, notamment à la *Cobalt Institute Conference*, contribuant à positionner le pays comme acteur stratégique dans la chaîne de valeur mondiale des métaux critiques. Il participe aussi à la définition des orientations liées à la stabilité macroéconomique et à la relance de la production nationale.


Un mandat attendu dans un contexte économique tendu


L’arrivée d’André Wameso à la tête de la BCC intervient à un moment crucial. Le franc congolais subit une pression persistante, et les déséquilibres du marché des changes pèsent sur le pouvoir d’achat. Les attentes sont donc claires : restaurer la confiance, stabiliser la monnaie, améliorer la politique monétaire et assainir un secteur bancaire parfois défaillant.


Un homme de terrain, proche du peuple


En parallèle à ses responsabilités économiques, André Wameso s’est imposé comme une figure politique incontournable. Coordonnateur de la campagne présidentielle dans le Kongo Central, il a été élu député national et provincial à Songololo. Un enracinement local qui renforce sa légitimité et son lien avec les réalités du pays.



Avec André Wameso, la Banque Centrale du Congo retrouve un leadership ancré dans l’expertise, la rigueur et la vision. Le pays peut désormais espérer une gouvernance monétaire plus stable et plus efficace. La nomination d’un tel profil est un signal fort envoyé aux marchés, aux partenaires internationaux, et surtout à la population congolaise.


Bon vent au nouveau Gouverneur. Bon vent au porte-parole de Bena Kongo.


Darwin Mumete

RDC : La rumeur sur une prétendue démission du Gouverneur de la Banque Centrale démentie

Un message largement relayé sur les réseaux sociaux affirme que le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso, aurait prése...