Dans un scénario digne d’un film à mi-chemin entre House of Cards et Wenge Musica, l’ancien président Joseph Kabila, désormais reconverti en parrain présumé du M23 (selon les soupçons du pouvoir), a décidé de relancer sa carrière… pas en politique, mais en résistance à distance.
Condamné à mort (symboliquement ou non, les Congolais ne savent plus trop), l’ex-raïs a pris ses quartiers à Nairobi, où il joue à l’opposant version VIP, recevant tour à tour quelques figures politiques en mal de buzz. C’est là qu’il aurait lancé le mouvement “Sauvons le Congo”, visiblement de très loin, histoire de ne pas se mouiller les bottes dans les flaques de Kinshasa.
Dernier invité du club des nostalgiques de Kingakati : Seth Kikuni, l’entrepreneur looké comme un mannequin de GQ, ex-candidat à la présidentielle 2018, et éternel twitto à citation profonde. De retour au bercail après avoir siroté un café avec Kabila, il est accueilli à l’aéroport de N’djili par un comité mixte : DGM, ANR, DEMIAP… il ne manquait que la fanfare militaire pour l’ambiance.
L’opinion s’indigne : depuis quand discuter à l’étranger est-il devenu un crime ? La constitution n’interdit pas de parler stratégie politique, encore moins dans un salon climatisé de Nairobi. À ce rythme, il faudra un visa spécial pour avoir des idées.
En attendant, la RDC découvre une nouvelle mode : l’exil politique version 5 étoiles, les arrestations sur tapis rouge et une démocratie où l’on peut être arrêté pour avoir discuté... d’un Congo qu'on prétend vouloir sauver.
Moralité : au Congo, on ne sait plus qui sauve qui, ni de quoi.
Rédaction de la chronique effritée





