mercredi 17 septembre 2025

Faux, Vital Kamerhe ne reste pas au pouvoir à cause de sa femme

 





En bref


Depuis le 16 septembre 2025 à 10h43, un tweet montrant Vital Kamerhe et son épouse Amida Shatur en promenade a suscité des milliers de réactions sur X. L’auteur du post affirme que c’est « à cause d’elle » que le président de l’Assemblée nationale refuserait d’aller dans l’opposition, peu importe l’humiliation. Après analyse, il s’avère qu’il s’agit d’une opinion subjective sans preuve factuelle, construite sur une image de couple sortie de son contexte.



Le contexte


Vital Kamerhe est actuellement visé par une initiative de destitution au sein de l’Assemblée nationale. Plusieurs députés critiquent sa gestion financière opaque, le blocage du contrôle parlementaire, des arriérés de frais de fonctionnement, et envisagent une pétition pour le destituer depuis le 15 septembre 2025. 262 signatures largement au-delà du seuil requis par le règlement intérieur. Elle ne concerne pas que Vital Kamereh mais plusieurs membres de son bureau. Dans ce climat tendu, une image privée avec son épouse Amida Shatur a été utilisée sur les réseaux sociaux pour faire croire que son maintien au pouvoir serait motivé par des intérêts matériels liés à son couple.




Citation


 « C'est à cause d'elle que @VitalKamerhe1 n'ira jamais dans l'opposition peu importe l'humiliation. Fin X »



Le tweet, posté par l’internaute , Diego Kayiba  , journaliste et Directeur général au groupe de presse Union Africa , expert en communication et analyste politique. Le tweet a  178 like , générant une vingtaine (28) de commentaires polarisés entre moqueries et soutien, 21, 8k vues à 12h41 , l’heure à laquelle nous écrivons cet article.







Les faits


1L’image :

La photo montre Vital Kamerhe marchant main dans la main avec son épouse. Elle est publique, sans aucun lien avec la situation politique actuelle. Aucun élément ne permet de relier cette scène à une décision politique.


2. L’allégation :

L’accusation selon laquelle Kamerhe resterait au pouvoir uniquement à cause de sa femme repose sur des perceptions populaires liées à l’image publique d’Amida Shatur, souvent décrite par ses détracteurs comme matérialiste. Aucune preuve, déclaration ni source crédible ne corrobore cette hypothèse.


3. Le contexte politique :

La fronde contre Kamerhe est d’ordre institutionnel et parlementaire. Elle n’est à ce jour pas liée à sa vie personnelle ou conjugale. Réduire une stratégie politique complexe à un motif sentimental ou matériel est réducteur et non étayé.




Conclusion


L’affirmation selon laquelle « Vital Kamerhe ne rejoindra jamais l’opposition à cause de sa femme » est infondée et basée sur un jugement personnel. L’image illustrant ce propos n’apporte aucune preuve, et la publication relève davantage de la satire ou de la rumeur que d’une analyse objective.



Darwin Mumete

 

#InfoxRDC #VérificationDesFaits #RDC

mardi 2 septembre 2025

Constant Mutamba condamné à 3 ans des travaux forcés

 


Le 2 septembre 2025, la Cour de cassation de la République démocratique du Congo a condamné Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d'inéligibilité, assortis d'une interdiction d'exercer toute fonction publique .


Les faits reprochés


Constant Mutamba était poursuivi pour tentative de détournement de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Ces fonds provenaient de l’indemnisation versée par l’Ouganda à la RDC pour les victimes de la guerre de six jours. Le ministère public l’accusait d’avoir ordonné un virement de cette somme à la société Zion Construction SARL, qualifiée de fictive, sans autorisation préalable ni procédure régulière .


Le déroulement du procès


Le procès a été marqué par des tensions et des reports successifs. Initialement prévu pour le 27 août, le verdict a été repoussé au 2 septembre. Le ministère public avait requis dix ans de travaux forcés et dix ans d'inéligibilité, soulignant la gravité des faits reprochés . La défense, quant à elle, plaidait l'innocence de l'ancien ministre, arguant que les fonds étaient toujours disponibles à la banque et que le projet de construction n'avait pas encore été lancé .


La décision de la Cour


La Cour de cassation a finalement tranché en condamnant Constant Mutamba à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d'inéligibilité, assortis d'une interdiction d'exercer toute fonction publique .Cette décision marque une étape importante dans la lutte contre la corruption en RDC, impliquant un ancien haut responsable gouvernemental.


Parcours de Constant Mutamba


Né le 24 avril 1988 à Luputa, Constant Mutamba a été ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement Suminwa entre juin 2024 et juin 2025. Il est également connu pour avoir été le plus jeune des vingt-six candidats à l'élection présidentielle de 2023 sous le label de son regroupement politique, Dynamique Progressiste Révolutionnaire (DYPRO) .


Sa condamnation intervient dans un contexte de renforcement des mécanismes de transparence et de lutte contre la corruption en République démocratique du Congo.


Darwin Mumete 

mercredi 20 août 2025

Mukenge/Schellhammer, entre mémoire coloniale et réinvention plastique : une performance puissante à Ravensburg

 

Ravensburg, Allemagne 15 août 2025


Le Musée d’art de Ravensburg a accueilli une performance-conférence marquante du duo Mukenge/Schellhammer, intitulée « Stretching the Notion of Painting », dans le cadre de leur série éponyme. Cette intervention s’est tenue en résonance avec les expositions en cours « Under Pressure – Expressionist Prints » et « John Akomfrah – The Unfinished Conversation »,  confirmant la pertinence de leur démarche artistique dans le débat sur l’héritage colonial dans l’histoire de l’art.




Formé officiellement en 2024, le duo congolais-allemand développe une esthétique transnationale nourrie de recherches sur leurs ancêtres, les rites d’initiation et les conflits culturels engendrés par la colonisation. À travers une approche critique, Mukenge/Schellhammer questionnent la rencontre souvent brutale entre les avant-gardes européennes (notamment les expressionnistes allemands) et les arts des colonies.


Leur performance évoque les “emprunts” réalisés par des figures comme Nolde, Kirchner ou Gauguin, confrontées à l’art d’Afrique et du Pacifique dans les musées ethnographiques, les zoos humains ou les expositions coloniales. Le duo interroge la frontière floue entre admiration et appropriation, en soulignant le rôle des artistes colonisés relégués au rang d’anonymes ou d’objets d’étude.


Un parallèle est tracé avec l’histoire d’Albert et Antoinette Lubaki, pionniers de la peinture moderne congolaise, dont les œuvres furent exportées vers l’Europe grâce à l’intervention de l’administrateur colonial Georges Thiry. En rejouant ces tensions historiques, Mukenge/Schellhammer revisitent les fondements mêmes de leur langage pictural.


Avec subtilité et puissance, leur œuvre redonne voix aux oubliés, déplace les centres, et installe une mémoire décoloniale dans l’espace muséal européen.


Darwin Mumete 

dimanche 3 août 2025

André Wameso, nouveau visage de la Banque Centrale du Congo : un choix stratégique pour une nouvelle ère économique



La République Démocratique du Congo s’ouvre à une nouvelle page dans sa gouvernance économique. Par ordonnance présidentielle du 23 juillet 2025, le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a désigné André Wameso NKUALOLOKI comme nouveau Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC). Ce choix, salué par de nombreux observateurs, s’inscrit dans une volonté claire : stabiliser l’économie nationale et renforcer la crédibilité de l’institution monétaire.


Un profil solide, entre expertise bancaire et engagement politique


Titulaire d’un diplôme en ingénierie commerciale et gestion financière de l’Université catholique de Louvain (Belgique), André Wameso a fait ses preuves dans le secteur bancaire européen (Dexia, Fortis), avant de revenir en RDC, notamment à Rawbank, où il a dirigé le département de gestion des risques. Homme de dossiers, il a aussi marqué le monde politique : ambassadeur itinérant du président Tshisekedi, puis directeur de cabinet adjoint en charge des questions économiques et financières dès 2021.




Un acteur clé de la diplomatie économique congolaise


André Wameso a été un artisan majeur de plusieurs négociations internationales, dont l’accord de paix RDC–Rwanda du 26 juin 2025 à Washington, qui associe coopération sécuritaire et intégration économique régionale. Il a également pris part aux discussions avec le FMI, à la révision des contrats miniers et à la promotion de la transparence dans la gestion des ressources naturelles.


Un engagement constant pour l’intérêt national


En 2023 et 2024, il représente la RDC à plusieurs forums économiques internationaux, notamment à la *Cobalt Institute Conference*, contribuant à positionner le pays comme acteur stratégique dans la chaîne de valeur mondiale des métaux critiques. Il participe aussi à la définition des orientations liées à la stabilité macroéconomique et à la relance de la production nationale.


Un mandat attendu dans un contexte économique tendu


L’arrivée d’André Wameso à la tête de la BCC intervient à un moment crucial. Le franc congolais subit une pression persistante, et les déséquilibres du marché des changes pèsent sur le pouvoir d’achat. Les attentes sont donc claires : restaurer la confiance, stabiliser la monnaie, améliorer la politique monétaire et assainir un secteur bancaire parfois défaillant.


Un homme de terrain, proche du peuple


En parallèle à ses responsabilités économiques, André Wameso s’est imposé comme une figure politique incontournable. Coordonnateur de la campagne présidentielle dans le Kongo Central, il a été élu député national et provincial à Songololo. Un enracinement local qui renforce sa légitimité et son lien avec les réalités du pays.



Avec André Wameso, la Banque Centrale du Congo retrouve un leadership ancré dans l’expertise, la rigueur et la vision. Le pays peut désormais espérer une gouvernance monétaire plus stable et plus efficace. La nomination d’un tel profil est un signal fort envoyé aux marchés, aux partenaires internationaux, et surtout à la population congolaise.


Bon vent au nouveau Gouverneur. Bon vent au porte-parole de Bena Kongo.


Darwin Mumete

jeudi 31 juillet 2025

Ministre ou Infirmier ? Ce que cache vraiment la photo virale de Guy Mwandiamvita

 


En bref :

Depuis le 29 juillet 2025 à 9h20, un compte X (@chauffeur243), suivi par plus de 60 000 abonnés, a publié une image du ministre congolais de la Défense, accompagnée d’un commentaire ironique :  

« Plus jamais un infirmier comme ministre de La Défense. Ce pays me fatigue ! 😂😂😂 »  

La publication a cumulé 39 100 vues438 j’aime111 commentaires24 retweets et 8 signets.


Contexte :

Guy Kabombo Mwandiamvita est vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants depuis le 29 mai 2024. Élu député de Tshilenge en 2011 (mandat auquel il a renoncé), il a été réélu en 2023. Il a aussi été directeur général du Journal Officiel en 2019.  


Guy Mwandiamvita est titulaire d’un DEA en droit public interne (UNIKIN), d’une licence en sciences de la santé (IFAD), et a également étudié les soins infirmiers à Paris. Son profil combine une expertise juridique, une formation en santé et une longue trajectoire politique au sein de l’UDPS.  




Citation :

« PLUS JAMAIS UN INFIRMIER COMME MINISTRE DE LA DÉFENSE. CE PAYS ME FATIGUE ! »




Capture d’écran faite à 15h47


Analyse des faits :

✔️ La photo est authentique : elle a été prise lors d’une visite officielle du ministre, entouré de militaires.  

❌ Mais la déclaration est ironique: elle tourne en dérision son passé en santé pour discréditer sa nomination à la Défense.  



Manipulation :

Le post joue sur un raccourci sarcastique: il réduit l’ensemble du parcours académique, professionnel et politique du ministre à une formation paramédicale pour alimenter un discours d’incompétence. Or, en RDC comme ailleurs, un ministre n’a pas besoin d’être militaire pour gérer la Défense. Il est nommé pour son profil global et sa loyauté politique, pas uniquement pour sa formation.



Verdict :

✅ La photo est authentique.

❌ Mais le commentaire est trompeur, basé sur une moquerie sans fondement.



Conclusion :

Non, Guy Mwandiamvita n’est pas juste un « infirmier ». Il est un homme politique avec une double formation en droit et en santé, et un parcours institutionnel reconnu. La publication virale détourne ironiquement les faits à des fins satiriques.


Darwin Mumete

Arnaques financières en milieu numérique en RDC : analyse d’un cas de manipulation émotionnelle et de vulnérabilité informationnelle

  Résumé (Abstract) Cet article analyse un cas d’arnaque financière survenu en République Démocratique du Congo, impliquant une jeune utilis...